Chute de cheveux en automne : pourquoi elle survient et comment réagir
Chaque année, dès septembre, la même inquiétude revient : la brosse se remplit, le siphon de la douche aussi, et l’on se demande si l’on perd vraiment ses cheveux. Rassurez-vous : la chute de cheveux en automne est un phénomène fréquent, le plus souvent temporaire et sans gravité. Encore faut-il savoir la distinguer d’une véritable alopécie qui, elle, demande une prise en charge médicale.
Dans cet article, le Dr Beya Bouricha, médecin spécialisée en restauration capillaire et médecine esthétique à Tunis, vous explique ce qui se passe et quand consulter.
Chute de cheveux saisonnière : de quoi parle-t-on ?
Perdre entre 50 et 100 cheveux par jour est normal. Chaque cheveu suit un cycle en trois phases :
- la phase anagène : le cheveu pousse pendant plusieurs années ;
- la phase catagène : la croissance s’arrête (quelques semaines) ;
- la phase télogène : le cheveu repose environ trois mois, puis tombe pour laisser place à un nouveau.
En temps normal, une petite minorité de cheveux est en phase télogène. À l’automne, une proportion plus importante de cheveux peut basculer simultanément vers la chute. Les études disponibles décrivent un pic saisonnier de perte de cheveux en fin d’été et à l’automne, et parfois une hausse plus modeste au printemps. On parle de chute de cheveux saisonnière, souvent liée à un mécanisme d’effluvium télogène.
Pourquoi les cheveux tombent-ils plus à l’automne ?
Les causes exactes ne sont pas totalement élucidées, mais plusieurs facteurs sont évoqués.
1. L’effet retard de l’été
Un cheveu mis au repos ne tombe pas immédiatement : il tombe environ deux à trois mois plus tard. Ce que vous observez en septembre ou octobre reflète donc en partie les agressions de l’été : soleil et UV, chaleur, sel de mer, chlore, déshydratation. En Tunisie, où les étés sont longs et chauds, ce facteur est particulièrement présent.
2. La baisse de luminosité
Les journées raccourcissent, ce qui modifie la production de certaines hormones (dont la mélatonine) et la synthèse de vitamine D. Le lien avec le cycle du cheveu est plausible, mais il reste une hypothèse, pas une certitude.
3. Le stress de la rentrée
Reprise du travail, rentrée scolaire, changement de rythme : le stress peut déclencher une chute quelques semaines plus tard, phénomène bien décrit en dermatologie.
4. Des carences nutritionnelles
Un régime déséquilibré, des repas sautés ou un régime restrictif pendant l’été peuvent entraîner un manque de fer, de zinc, de vitamines B ou de protéines, autant d’éléments dont le cheveu a besoin pour se renouveler.
Comment savoir si c’est bien une chute saisonnière ?
| Chute saisonnière | Signes qui doivent alerter |
|---|---|
| Diffuse, sur l’ensemble du cuir chevelu | Dégarnissement localisé (golfes, sommet du crâne, raie qui s’élargit) |
| Durée de quelques semaines | Chute qui dépasse 3 mois |
| Densité globale conservée | Cuir chevelu de plus en plus visible par transparence |
| Repousse de petits cheveux fins | Cheveux qui s’affinent progressivement |
| Pas de symptôme associé | Démangeaisons, plaques, rougeurs, pellicules importantes |
Une chute saisonnière est réversible. À l’inverse, l’alopécie androgénétique est progressive et évolue si elle n’est pas traitée. Elle peut apparaître tôt, comme nous l’expliquons dans notre article sur la calvitie précoce. Chez la femme, les causes hormonales (grossesse, post-partum, thyroïde, ménopause) sont également à rechercher.
Que faire pour limiter la chute de cheveux en automne ?
Adopter les bons gestes au quotidien
- Utilisez un shampooing doux, sans frotter le cuir chevelu.
- Évitez les coiffures tirées et les sources de chaleur excessives (sèche-cheveux très chaud, lisseur).
- Massez délicatement le cuir chevelu pour favoriser la microcirculation.
- Protégez vos cheveux du soleil, du sel et du chlore dès l’été.
Soigner l’assiette
Privilégiez les protéines (œufs, poisson, légumineuses, viande), les sources de fer, de zinc et d’oméga-3, ainsi que les fruits et légumes de saison. Évitez de prendre des compléments au hasard : un excès peut être inutile, voire nuisible. Un bilan sanguin (ferritine, vitamine D, TSH) permet de cibler un éventuel déficit.
Gérer le stress et le sommeil
Un sommeil régulier et une activité physique modérée aident l’organisme à retrouver son équilibre. Le tabagisme est également un facteur aggravant à ne pas négliger.
Recourir à un traitement médical si nécessaire
Si la chute persiste ou s’accompagne d’un amincissement des cheveux, votre médecin peut proposer des soins de soutien. Parmi ceux proposés au cabinet, la thérapie PRP (plasma riche en plaquettes) ou la mésogreffe Regenera Activa peuvent stimuler les follicules, après un diagnostic précis. Vous pouvez aussi consulter notre comparaison des options de traitement.
Quand consulter un médecin ?
Prenez rendez-vous si :
- la chute dure plus de trois mois ;
- vous constatez une zone dégarnie ou une raie qui s’élargit ;
- vous êtes en post-partum, en ménopause ou en période de forte fatigue ;
- vous avez un antécédent familial de calvitie ;
- la chute s’accompagne de démangeaisons, de plaques ou d’une desquamation.
Un examen du cuir chevelu, éventuellement associé à un bilan biologique, permet de distinguer une chute temporaire d’une alopécie et de choisir la bonne stratégie. Si une greffe de cheveux s’avère indiquée, elle ne se décide qu’après stabilisation du diagnostic : consultez nos conseils sur les candidats idéaux pour la greffe.
